Le paradis de la croquette
C'est avec une immense tristesse que moi Emilie, sa Maîtresse (nom qu'il me donnait avec vous pour faire le mariole), vous annonce que Chiffon nous a quitté ce matin. Son état s'est dégradé extrêmement vite ce week-end, il n'y avait plus rien à faire si ce n'est lui offrir une fin digne à laquelle tout être vivant devrait avoir droit.
Il m'a laissé un message personnel. Je vais vous le partager car si vous suiviez ses aventures c'est que vous trouviez son histoire touchante...
Maman (ben oui quoi tu es ma maman après tout),
Tu ne m'avais pas menti, ici c'est le paradis! Des tonnes et des tonnes de croquettes, toutes plus bonnes les unes que les autres! Et de l'eau, bien fraîche ou bien terreuse selon mes envies, que rêver de mieux! Alors oui, je n'ai plus tes genoux que j'aimais tant et que j'aimais salir car j'ai toujours été un petit crado...
Maman ne pleure plus, tu as assez pleuré ces derniers jours en me voyant dans cet état, en t'imaginant prendre la décision qui allait me soulager, en t'imaginant la vie sans moi. Je ne viendrai plus t'embêter pendant ton bricolage à m'assoir sur tes planches, je ne jardinerai plus avec toi, je ne te suivrai plus dès que tu seras dehors. Je ne te réclamerai plus de croquettes avec ma voix de tourterelle. Je ne me mettrai plus sur la marque du mur abattu (tu as vu, je t'ai laissé un petit souvenir dans le béton!).
Tu devais faire le ménage depuis un petit moment déjà mais tu as préféré tout remettre à "plus tard" pour passer tout ton temps libre ces derniers jours à me câliner, me faire comprendre que tu m'aimes. Je l'ai toujours su, mais c'est vrai que ça m'a fait du bien de sentir ta chaleur contre moi, même si mon odeur était difficilement supportable ces dernières semaines. Je te vois maintenant frotter les traces sur le carrelage de quand je secouais la tête après avoir bu, je vois tes larmes tomber sur les petites tâches. Celles-là tu peux les effacer tu sais, ce n'est pas grave, l'important est la trace qu'on garde dans son coeur maman. Celle-là ne part jamais, on l'emmène avec soi pour l'éternité.
Maman, merci d'être venue me voir à la SPA ce jour d'octobre 2011, alors que personne ne voulait de moi car mon physique était un peu particulier, toi tu as dit, après concertation avec mon futur papa (concertation de 30 secondes si ma mémoire est bonne) que vous me preniez et reviendriez me chercher le mois suivant, le temps de sécuriser le jardin des chiens errants. J'étais tellement surpris et content (les autres chats étaient trop jaloux!) qu'il m'a fallu un peu de temps avant de réaliser que j'allais avoir un vrai foyer. Il nous a fallu quelques semaines pour nous apprivoiser, toi tu étais toujours triste d'avoir perdu ton chat Kenzo, j'étais ton pansement mais je n'étais pas comme lui.
Tu as vu maman, notre ultime câlin je crois que c'était mon préféré. Tu as tout compris. Sur la table du docteur tu as mis mon drap, tu t'es assise et m'a entouré de tes bras. Je ne voyais plus, je n'entendais plus, je ne supportais plus tes mains sur ma peau douloureuse, comment allais-tu me réconforter? Tu m'a soufflé doucement de l'air chaud dans mon cou et j'ai su où tu étais, j'ai senti toute la tendresse dans ce souffle, je suis allé me blottir dans ton cou tout chaud, c'était tellement rassurant, je savais que tout allait bien se passer ensuite et que tu pouvais me laisser partir en paix. Ca a été rapide, je n'ai pas senti la piqûre pour m'endormir. Et la piqûre bleue, tu sais tout se passe en moins de 5 secondes alors c'est cool. J'étais enfin libéré de ces douleurs, ces inconforts, toutes ces choses qui m'empêchaient d'être un chat heureux. Merci maman, tu as pris la bonne décision au bon moment. Avant c'était trop tôt et après ça aurait été trop tard, on n'aurait pas pu se dire au revoir comme on l'a fait. Merci maman de m'avoir donné autant d'amour, je n'aurais jamais cru cela possible. Grâce à toi je sais que ça existe et que ça valait le coup d'attendre.
Ton Chichi





























